Dans mon travail à côté de mon activité indépendante, j’accompagne des personnes qui sont en mesure à l’AI (Assurance Invalidité), avec un objectif clair : qu’elles puissent, à terme, réintégrer le monde du travail.
Ce sont des femmes et des hommes qui sortent doucement d’une longue maladie, qu’elle soit psychique ou physique.
Et parmi elles, une proportion importante a traversé un burn-out.
J’en avais déjà perçu les effets chez des amis ou des connaissances. Mais en accompagnant ces personnes semaine après semaine, je mesure à quel point le burn-out peut être profond, déstabilisant… et long à “guérir” (même s’il n’est toujours pas officiellement classé comme une maladie).
La gestion du stress a toujours été l’un de mes domaines de prédilection en tant que coach. Aujourd’hui, au contact de ces personnes, cela prend encore plus de sens.
Dans mon travail institutionnel, j’arrive « après » l’effondrement.
Dans mon activité indépendante, j’ai à cœur d’agir « avant ». De prévenir plutôt que réparer.
Le burn-out ne tombe pas du ciel
Le burn-out est un ensemble de symptômes résultant d’un stress chronique non pris en charge.
Au début, le stress semble “gérable”.
On s’adapte.
On serre les dents.
On pense que ça va passer.
On se dit qu’on va tenir.
Et pendant un temps… on tient.
Mais à un moment donné, le système ne tient plus. Le corps et le mental saturent. Et tout peut s’effondrer.
Ce qui est frappant, c’est que le burn-out n’arrive jamais d’un coup. Il s’installe progressivement, souvent de manière insidieuse. Les premiers signaux sont minimisés, rationalisés, ignorés.
Plus les symptômes sont identifiés tôt et pris au sérieux, plus le rétablissement peut être rapide.
Plus ils sont ignorés longtemps – jusqu’à devenir impossibles à ignorer – plus le chemin de retour peut être long.
Les trois dimensions touchées par le burn-out
Le burn-out affecte généralement trois sphères essentielles :
1. Le corps
Souvent, c’est lui qui parle en premier.
- Tensions musculaires
- Fatigue persistante
- Troubles du sommeil
- Récupération difficile
- Baisse de l’immunité
- Maux de tête, douleurs diffuses
Le corps envoie des signaux bien avant l’effondrement. Encore faut-il les écouter.
2. Les émotions
Peu à peu peuvent apparaître :
- Une dévalorisation de soi
- Une perte de sens
- Un détachement émotionnel
- Des relations qui se tendent ou se distendent
Ce qui faisait vibrer devient lourd. Ce qui motivait devient épuisant.
3. L’intellect
- Difficulté à se concentrer
- Désorganisation
- Erreurs inhabituelles
- Baisse d’efficacité
Pour des personnes habituées à être performantes et engagées, c’est souvent très déstabilisant.
Mieux se connaître pour mieux se protéger
Plus vous apprenez à vous connaître, à observer votre fonctionnement avec un peu de recul, plus vous serez en mesure de repérer les signaux d’alerte.
Et plus nous sommes nombreux à connaître ces signes, plus nous pouvons aussi être attentifs à nos proches. Parfois, un regard extérieur bienveillant permet de mettre des mots sur ce que l’on n’ose pas voir soi-même.
Parler du burn-out n’est pas dramatiser.
C’est informer.
C’est prévenir.
C’est permettre un virage avant l’effondrement.
Conclusion
Dans mon travail auprès de personnes en mesure à l’AI, je rencontre celles et ceux qui reconstruisent leur vie après un burn-out. Je vois combien le chemin peut être long.
C’est pour cela que, dans mon activité indépendante, je choisis d’agir en amont : aider à reconnaître les signaux, à réguler le stress, à poser des limites, à ajuster avant que le corps n’impose l’arrêt.
Le burn-out n’est pas une faiblesse.
C’est souvent le résultat d’un engagement trop grand, trop longtemps, sans récupération suffisante.
S’arrêter à temps, ce n’est pas échouer.
C’est se préserver.



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